8th September 2010

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Day 7 — Votre ex amour

C’est étrange. Après trois ans, on ne se parle plus. On ne s’adresse plus la parole. Ce qui me semble le plus étrange c’est que tu ne me manques pas. Parfois j’aimerais que tu me manques. Pleurer et hurler ton absence. Dire à qui veut l’entendre que toi et moi c’est à la vie, à la mort. Comme la première fois, crier que je t’attends parce que je sais que tu ouvriras les yeux.

Mais non. Je suis ici et tu es là bas, loin de moi et de mon quotidien et tu ne me manques pas. Comme si tu n’avais jamais fait parti de ma vie. Je m’en veux, et je t’en veux aussi, parfois, je me dis qu’on a perdu du temps, gâché trois ans, gâché un bout de notre vie qu’on aurait pu utiliser à faire quelque chose de mieux. Aimer, s’amuser, apprendre, connaitre. Au lieu de se regarder, se taire, ne rien dire, ne plus s’aimer, s’ennuyer, oublier le reste, le monde, les gens.

Mais on ne peut pas retourner en arrière.

La dernière fois que tu m’as vu, tu m’as regardé avec pitié, je t’ai détesté, je me suis endormie à Bercy et je n’avais qu’une envie : rentrer chez moi, dans mon pieu, regarder des séries et appeler mes amies. Pas d’être là bas, avec toi. Tu m’as regardé avec pitié, parce que tu pensais que j’étais triste sans toi. Que j’étais fatiguée car je m’ennuyais dans ma vie. J’aurais aimé te dire “tu vois, une semaine qu’on est plus ensemble et déjà je m’amuse mieux. Je suis sortie hier, et je n’ai dormi que quatre heures, j’étais défoncée et alcoolisée, ça a été dur aujourd’hui. C’est pour ça les cernes, et le teint cireux, c’est drôle la vie à vingt et un ans. Tu sais, tu passes à côté” Et tu m’as répondu en partant “repose toi, tu as l’air fatigué, travaille un peu moins quand même. Prends soin de toi” lorsque je t’ai dit “c’est cool, tu as l’air heureux” Phrase jetée en l’air pour lancer la conversation. En réalité, je pensais que tu avais l’air chiant, aussi blasé qu’avant et que tu n’avais rien d’intéressant à dire. Tu n’as pas été capable de donner ton avis sur le concert, mis à part dire qu’il était très bien, tu n’as émis aucun jugement.

J’ai fait une erreur en trois ans, je me suis inventée un personnage de fille triste, dépressive et seule. En réalité, je ne suis ni triste, ni dépressive, ni seule. Je suis bien, j’aime la vie, les autres, la compagnie. J’aime la fausse compagnie, les gens qui t’entourent et t’embrassent mais qui s’en foutent. J’aime les apparences parce que pour le moment elles me conviennent.

Voilà.

C’est ça, tu ne me manques pas. Je sais que je ne te manque pas non plus, donc on devrait être quitte. Mais c’est horrible, parce que tu ne me manques pas. Trois ans qui s’arrêtent et toi, tu ne me manques pas. Tu ne manques pas à ma vie, pas à mon quotidien, tu n’es pas un pilier ou un soutien qui me manque. Rien. Tu n’es rien. C’est comme si tu n’avais jamais été là.

Je sais que je ne te manque pas, parce que tu as toujours été comme ça. Tu vires tes ex de ta vie sans remord ni regret. Mais toi tu es mon premier, je pensais que tu allais avoir une place dans mon coeur, ma tête, ma raison. Et en fait, tu as disparu de ma vie sans remord ni regret.